Unfortunately, this article has not been translated to English yet

Le CBD, la version légale du cannabis pour apaiser l'anxiété

Illustration: Tony H.

Le CBD, kézaco ?

Le CBD est à la fois victime de la hype autour de ses nombreuses vertus vantées (comme le pouvoir de guérir ou protéger des cancers, qui est encore loin d'être prouvé) et victime d'une mauvaise réputation -- celle d'avoir des effets délétères, qui ne concernent en réalité et selon les connaissances actuelles que le cannabis qu'on utilise pour fumer des bons gros joints.

Sa consommation (humaine comme animale !) est pourtant parfaitement légale dans le monde. Le CBD (cannabidiol de son nom complet) n'est en fait pas un cannabis différent... mais une molécule, exactement comme le THC (delta-9-tétrahydrocannabinol, autrement dit ce qui provoque le high de la fumette), que l'on trouve naturellement dans la plante cannabis, aussi appelée chanvre -- le nom cannabis est en fait son nom savant latin ! On est tou·ŧe·s tellement éduqué·e·s, c'est impressionnant.

TLDR (Too Long Didn't Read, pour les gens qui ne lisent pas l'anglais) :

  • le CBD, c'est inoffensif et c'est légal
  • le THC ça rend high, il y a un risque d'addiction et c'est illégal dans la plupart des pays d'Europe et bon nombre d'États américains
  • les deux sont naturellement présents dans le cannabis

 

 Voici un site, certes marchand, sur lequel vous trouverez une excellente explication plus détaillée de la différence entre THC et CBD. Vous vous épargnerez ainsi des recherches longues et fastidieuses, que j'ai effectuées pour vous (avec enthousiasme et bonne volonté, évidemment, ahem).

 

Pour quels maux utilise-t-on le CBD ?

La molécule de CBD a été découverte dans les années 1960 et depuis on ne cesse d'ajouter des éléments à la (longue) liste de ses vertus : contre l'épilepsie, favorisant une bonne attention, calmant les ruminations et les pensées qui tournent à toute vitesse dans la tête, favorisant un meilleur sommeil, apaisant l'angoisse, l'anxiété et autres stress mineurs ou majeurs, contre la dépression, apaisant les douleurs notamment inflammatoires comme l'arthrite, protégeant du cancer, calmant les symptômes psychotiques de la schizophrénie... et même l'addiction au cannabis !

 

Je ne peux pas vous promettre que tous ces effets sont avérés, prouvés scientifiquement -- ils ne le sont pas. Les études sur le sujet sont limitées, essentiellement parce que la recherche sur le cannabis à usage médical est souvent interdite (la France vient de l'autoriser), à cause des effets négatifs du THC et son statut de drogue illégale.

On ne sait pas exactement quels sont les moyens d'action du CBD, MAIS on sait que ça marche pour énormément de gens là où les alternatives thérapeutiques classiques ont échoué. Ce qui pour moi est tout à fait suffisant pour un essai, dans la mesure où c'est légal.

 

Je vous laisse avec le témoignage de Yannic :

Je souffre d'arthrose, arthrite et rhumatismes depuis une méchante chute en 2000. Petit à petit, une dépression est venue se greffer sur la douleur, comme souvent. Avec la dépression, s'est développée une anxiété sociale très forte et handicapante.

 

Suivi par un généraliste et une psychiatre, j'ai commencé à cumuler les médicaments. Opioïdes pour la douleur, anti-dépresseurs et anxiolytiques respectivement pour la dépression et l'anxiété. J'ai été envoyé un peu partout pour soigner les douleurs, sans succès. Les centres de traitement de la douleur où je suis allé ont échoué à produire des résultats concrets. Seuls le reiki et le yoga me permettaient de tenir.

 

Quand je me suis rendu compte que mon médecin m'avait prescrit un anti-douleur à base de méthadone, j'ai décidé que cela suffisait. J'ai entamé un sevrage pour la méthadone. En même temps, j'ai cherché encore d'autres solutions pour supporter la douleur. Hypnothérapie, médecine physique, et, enfin, j'ai entendu parler du CBD. J'avais essayé un peu de cannabis quelques temps plus tôt, mais les effets psychotropes rendaient cette solution difficile à mettre en oeuvre. Ce n'était possible que si je n'avais rien d'autre à faire, que ce soit au travail ou à la maison. Impossible par exemple de prendre la voiture. Mais cela semblait diminuer la douleur, donc le CBD semblait une voie à explorer.

 

J'ai d'abord essayé en liquide pour cigarette électronique, mais les résultats n'étaient pas probants. Des recherches supplémentaires m'ont amené à chercher une façon "saine" de consommer les fleurs de CBD ; comme j'avais arrêté de fumer deux ans auparavant, utiliser les fleurs de CBD en combustion n'était pas une option possible. J'ai ensuite découvert les vaporisateurs d'herbes, qui peuvent être utilisés avec du cannabis, mais aussi avec n'importe quelle autre herbe. J'ai donc pris un modèle de base de vaporisateur, et quelques grammes de fleurs de CBD, pour essayer.

 

L'expérience a été étrange au départ. Au début, on a juste l'impression d'avaler de l'air chaud. Puis, en posant le vaporisateur, on se rend compte que la douleur a fortement diminué, sans même s'en rendre compte.

Et j'ai pu aussi constater que, les jours où je prenais du CBD, je ne prenais pas d'anti-douleurs, mais pas non plus d'anxiolytique. Pas besoin.

 

Ça m'a mis une dizaine de jours pour me sevrer de l'anti-douleur à base de méthadone, mais un jour ou deux au maximum pour l'anxiolytique.

Cela fait six mois que je me passe d'anti-douleurs (je prends juste du paracétamol en cas de crise), et que je n'ai plus ouvert mon flacon d'anxiolytique. Avant, je consommais un flacon d'anxiolytique par mois, au minimum. Et un flacon de 60ml d'antidouleur.

 

Le défaut majeur du CBD, c'est son prix. Je prends environ deux "doses" par jour, ce qui me fait environ 10 grammes par mois. Soit un coût d'environ 150€. Les antidouleurs et anxiolytiques sont nettement moins chers, puisque remboursés. Mais je ne regrette pas mon choix, et je continuerai tant que j'en ai les moyens.

 

Le second défaut du CBD, c'est que ça ressemble à du cannabis, et que ça en a l'odeur. Il vaut mieux ne pas se faire contrôler avec une réserve sur soi, ou même avec le vaporisateur.

 

Par contre, je n'ai pas trouvé de contre-indication. Je peux conduire, étudier (je ne travaille plus pour l'instant), je m'occupe de mes deux ânes, je fais de la photo, je participe à des dîners (ce qui m'était impossible depuis des années), je me suis mis à la cuisine... Et il n'y a aucune accoutumance.

 

Personnellement, j'ai d'abord été en boutique physique en Belgique pour essayer. Depuis, je commande sur le net.

 

Sous quelles formes peut-on consommer du CBD ?

Pour choisir sous quelle forme vous devriez plutôt consommer votre CBD, tout va dépendre de l'effet recherché : vous trouverez du CBD sous forme de gélules à avaler, de gouttes à placer sous la langue ou dans une boisson (non alcoolisée, on est bien d'accord), de pâte à manger sous une forme ou une autre (sucettes, cookies...), de crèmes ou gels à masser sur la peau, ou encore de e-liquide à vapoter en e-cigarette (rappelons qu'il faut avoir 18 ans pour vapoter légalement en France).

 

Les gélules et les gouttes sont souvent recommandées pour le sommeil et l'anxiété, les crèmes à masser pour les douleurs, le vapotage ou les gouttes pour un effet plus rapide (en cas de crise d'angoisse par exemple). Ça dépend également du format qui est le plus pratique pour vous sur le moment : gardez par exemple en tête que de nombreux lieux publics interdisent désormais le vapotage à l'intérieur, et que la pâte au CBD a le même goût que le cannabis au THC.

 

Quant aux dosages, ils diffèrent beaucoup et il vaut mieux vous référer aux indications des produits eux-mêmes.

 

Enfin, je me dois de vous préciser que la consommation de fleurs ou de feuilles de cannabis, qu'elle soit directe ou que ce soit un produit réalisé à partir de fleurs ou de feuilles, est totalement interdite en France : seules les graines ou les fibres de la plantes peuvent être utilisées, et ce uniquement à partir de certaines espèces autorisées par la loi française.

 

Si jamais vous sentez que cela vous procure des effets négatifs, arrêtez immédiatement votre consommation de produits au CBD. Et puis, si vous avez des traitements complémentaires (antidépresseurs, anxiolytiques...) et que vous êtes donc suivi·e par un·e médecin généraliste ou psychiatre, parlez-lui de votre consommation de produit au CBD, c'est important qu'il ou elle aie toutes les informations nécessaires pour vous accompagner au mieux.

 

Où peut-on se procurer légalement du CBD ?

Je vous conseille un premier site qui respecte la législation française en vigueur, à savoir que la teneur en THC dans le produit fini doit respecter un taux parfaitement nul, un produit qui doit en même temps être issu d'une plante sélectionnée pour contenir elle-même moins de 0.2% de THC. Le taux de CBD, lui, n'est pas réglementé puisque considéré comme inoffensif.

 

Vous devez évidemment faire attention aux sites sur lesquels vous vous procurez des produits au CBD : la législation n'est pas la même dans tous les pays d'Europe, et en Suisse par exemple il est tout à fait légal d'avoir un taux de THC non nul dans le produit fini (mais il doit être inférieur à 0.2%).

 

Je vous rappelle également que ce ne sont pas des médicaments mais des produits considérés comme des compléments alimentaires : ils ne sont donc pas disponibles en pharmacie (quoique ça viendra sûrement, vous pouvez toujours demander) mais plutôt en boutique spécialisée et surtout ça ne vous sera remboursé ni par la Sécurité sociale ni par votre mutuelle si vous en avez une.

 

Vous pouvez vous procurer des gouttes, gélules et crèmes à masser, et même des croquettes pour animaux, sur Nordic Oil.

 

Il y en a d'autres qui livrent en France, mais attention ! Ils vendent notamment des fleurs ou des produits à base de feuilles de cannabis, ce qui n'est pas légal en France ! Certains produits n'ont pas de fiche qui précise la teneur en THC, non plus, ce qui n'est pas génial... À vous de faire bien attention. Les voici tout de même :

 

 

Aller plus loin

 

 

 

  • Un point journalistique sur la recherche et la législation actuelle en Suisse 
What I've never told anyone about my Dad's tumour
How swimming helps with ALL of my mental health issues