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Psychanalystes : une tribune pour les évincer tou·te·s (de la psychiatrie) [Partie 1]

Illustration: Julie K.

Mise à jour du 10 janvier 2019 : La réalisatrice Sophie Robert, auteure de la toute première tribune, sujet de cet article, a publié un nouveau post cinglant sur son blog Mediapart le 14 décembre. Elle y dénonce la non-réponse des psychanalystes à sa tribune et réitère son appel à retirer la psychanalyse des enseignements de psychiatrie et de psychologie, ainsi que des tribunaux.

Fin de la mise à jour

 

Mise à jour du 27 novembre 2019 : Une troisième contre-tribune, probablement la plus intéressante jusqu'ici, a été publiée dans un blog de Mediapart. Elle donne essentiellement comme argument que les TCC (Thérapies Cognitivo-Comportementales) se basent sur des études scientifiques dont la fiabilité est à remettre en question, et qu'à ce titre la psychanalyse n'est pas pire (mais pas forcément mieux non plus).

 

Mise à jour du 25 novembre 2019 : Une deuxième contre-tribune a été publiée, suivie d'une pétition sur la plateforme Change.org pour lui donner plus d'impact. C'est par souci de rigueur que je la mentionne dans cet article, mais elle ne donne pratiquement aucun argument à part celui de la nécessité d'une diversité des courants de pensée (et de pratiques psychothérapeutiques).

J'y fais donc une réponse simple, déjà mentionnée dans l'article original : la pétition contre la psychanalyse demande à ce que celle-ci soit évincée de l'enseignement médical universitaire et que ses praticien·nes ne soient plus appelé·es en tant qu'expert·es aux tribunaux. L'enseignement psychanalytique dans des cursus de lettres ou de philosophie, comme c'est le cas dans d'autres pays, ne serait pas un problème.

 

La tribune Justice Sans Psychanalyse compte désormais 970 professionnel·les de santé signataires.

Fin de la mise à jour

 

Mise à jour du 12 novembre 2019 : La tribune rassemble désormais 918 professionnel·les de santé signataires, plusieurs professionnel·les de justice et un certain nombre (inaccessible, c'est dommage) de citoyen·nes, dont je fais partie.

 

Ajouts à la liste des signataires émérites :

 

Une tribune rédigée et signée par 4 psychanalystes a répondu à la première. La voici analysée dans la deuxième partie de cet article.

Fin de la mise à jour

 

C'est une tribune qui rassemble, au moment où j'écris ces lignes, 400 signatures : psychiatres, psychologues, psychothérapeutes, chercheurs et chercheuses, professeur·es, infirmier·es, orthophonistes, neurobiologistes, médecins généralistes, pédiatres, et même ancien·nes psychanalystes...

Tou·te·s s'élèvent contre la psychanalyse en tant que discipline enseignée en université, que ce soit en médecine (psychiatrie) ou en psychologie.

Tou·te·s réclament également que les psychiatres et autres professionnel·les de la santé mentale, soient exclu·es des cours de justice qui demandent leur expertise, si leur obédience est psychanalytique.

 

Publiée sur son propre site dédié Justice Sans Psychanalyse, peut-être dans un souci de totale indépendance, ou peut-être parce que les médias se sont montrés frileux, la tribune a pour l'instant été reprise par Le Nouvel Obs.

Et c'est Le Nouvel Obs qui indique que la personne à l'origine de cette tribune est Sophie Robert, une journaliste et réalisatrice française qui avait déjà fait parler d'elle en 2011 notamment, lors de la sortie de son documentaire Le Mur sur l'autisme vu par la psychanalyse.

De façon très intéressante, ainsi qu'elle l'explique dans une interview de 2016, Sophie Robert n'est pas contre la psychanalyse en soi -- bien au contraire. Mais elle estime que cette discipline basée sur l'introspection et la prise en compte de l'inconscient n'a rien à faire dans les cursus universitaires de psychiatrie car elle ne vise pas ni ne peut traiter les troubles mentaux. Du coup, la psychanalyse n'a rien à faire non plus dans les tribunaux où l'on demande l'expertise de professionnel·les de la santé mentale et où les conclusions des expert·es feront la différence entre une condamnation et une relaxation, entre une peine de prison et une injonction de soins psychiatriques, entre un dédommagement de la victime et une minimisation de sa souffrance.

 

Parmi les personnalités remarquables ayant signé la tribune, on notera :

 

La psychanalyse n'a absolument pas fait les preuves de son efficacité en tant que thérapie pour des personnes souffrant de troubles psychiques, au contraire des Thérapies Cognitives et Comportementales. Celles-ci ont fait l'objet de nombreuses études scientifiques (voir ici une première étude de l'INSERM et là une deuxième), lesquelles ont démontré que les TCC engendraient un mieux-être durable et significatif, aussi bien voire plus que des traitements médicamenteux (et sans effets secondaires).

En effet, les TCC fournissent à la personne des outils très concrets lui permettant de reprendre du pouvoir d'agir dans sa vie et de diminuer sa souffrance au quotidien : en apprenant à mieux gérer ses émotions, à sortir d'un cercle vicieux de pensées douloureuses, à calmer une crise de panique, à travailler son estime de soi, et encore bien d'autres choses.

 

La psychanalyse est une spécificité française : personne ne comprend pourquoi nous nous y attachons encore (à part pour satisfaire notre ego), ni pourquoi nous persistons à traiter les patient·es via cette méthode. Il est temps de mettre de côté l'ego des psychanalystes, et de penser aux patient·es qui souffrent et ont le droit de bénéficier des thérapies efficaces qui existent déjà.

 

Si vous êtes également convaincu·e, après avoir lu cette tribune, que la psychanalyse doit être supprimée des cursus universitaires et leurs praticien·nes radié·es des listes d'expert·es des tribunaux, vous pouvez signer la tribune soit en tant que professionnel·le de santé ou avocat·e, soit en tant que citoyen·ne mobilisé·e. Et on diffuse, on partage, on fait passer !

 

 

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