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Effets secondaires : comment leur damer le pion

Illustration: Tony H.

Sommaire

Pour tout type d'effets secondairesVertiges et faiblesse musculaire Nausée Bouffées de chaleur, sensibilité accrue aux températures, transpiration accrueAffections cutanées Perte de cheveux ou cheveux abîmés Fringales et augmentation ou diminution de l’appétit Pensées suicidaires (apparition ou intensification) Bouche sèche ou "cotonneuse" « Brain zaps » [sensation de décharges électriques dans le cerveau]

 

* Disclaimer et précisions : je ne suis ni médecin ni pharmacien·ne, je n'ai pas suivi de formation médicale (à part les premiers secours, ce qui est toujours utile), et je ne suis pas lié·e à ce milieu de quelque manière que ce soit. Ces infos et ces astuces sont purement informelles : elles proviennent de ma propre expérience et de mes propres observations, ou de bonnes idées que j'ai pu glaner ici et là. Insistez auprès de votre médecin pour obtenir un véritable diagnostic. Demandez toujours l'avis de votre médecin, et lisez toujours attentivement la notice, avant de prendre un médicament quel qu'il soit. Ne mélangez pas différents médicaments, n'en prenez pas plusieurs simultanément, à moins que votre médecin ne vous l'ait expressément prescrit. Signalez toujours à votre médecin tous les effets secondaires que vous ressentez -- même s'ils ne vous semblent pas graves. De manière générale, si vous utilisez un produit même non médical pour la première fois, les mêmes règles s'appliquent : lire attentivement la notice, éviter le mix avec d'autres produits, en signaler l'utilisation à votre médecin et lui parler de tout effet secondaire que vous pouvez ressentir.

 

Les effets secondaires sont une question importante quand on prend des médicaments pour soigner des troubles psychiques (ces médicaments étant également connus sous le charmant petit nom de psychotropes). Et même s'ils n'apparaissent pas forcément, soyons honnêtes, la plupart du temps on en subit un certain nombre (comme pour tout autre médicament). Ces effets secondaires sont évidemment propres à chacun·e, puisque leur dosage, l'interaction avec d'autres médicaments, les conditions de vie et tout simplement le métabolisme de la personne entrent tous dans l'arène lorsqu'il s'agit de savoir comment on réagit à un médicament !

Mais souvenez-vous : la définition d'un médicament, c'est qu'il améliore votre état de santé général. C'est-à-dire que même avec des effets secondaires négatifs, ce médicament doit vous offrir une meilleure santé (mentale comme physique) que si vous ne le preniez pas. La conséquence logique mais moins sympa de ce principe, c'est que vous risquez de subir ces effets secondaires pendant toute la durée de votre traitement -- donc parfois toute votre vie. L'idée, c'est de soigneusement équilibrer les deux : qu'est-ce que vous êtes prêt·e à endurer, si ça vous offre une vie globalement heureuse au quoditien ? Si ça vous aide à repousser vos idées suicidaires ? Si ça diminue votre souffrance psychique et/ou physique ? Si ça vous permet de réaliser vos rêves perso ou de carrière ? C'est à ça que vous devrez réfléchir... mais seulement quand vous aurez expérimenté les effets secondaires de plusieurs traitements différents, quand vous connaîtrez toutes les options qui s'offrent à vous, et quand vous saurez déterminer lesquelles vous aident à aller mieux.

 

Allez ! On se retrousse les manches et on passe aux choses sérieuses, parce qu'il est vraiment temps de se faire une vie plus sympa. Ce qui, laissez-moi vous le rappeler cher lectorat désespéré, passe AUSSI par les médicaments psychiatriques (sinon, on est d'accord, vous ne seriez probablement pas en train de lire cet article). J'ai listé ci-dessous autant d'effets secondaires (et d'astuces pour y remédier) que je pouvais, mais vraiment, sentez-vous libres et encouragé·es d'y ajouter votre grain de sel : tous les effets secondaires que je n'aurais pas cités, et toutes vos idées mêmes inhabituelles pour les mater ! Plus on en sait, plus on peut partager, et plus on se sent mieux tou·tes autant qu'on est ! Trio gagnant.

 

Pour tout type d'effets secondaires

C'est là qu'il va falloir se montrer particulièrement sympa et tolérant·e envers soi-même et cet état de "faiblesse". Et je sais à quel point c'est difficile, notamment quand on souffre de dépression, puisque la maladie a UN but : vous persuader que vous ne méritez rien d'autre que de souffrir, et en silence s'il vous plaît. Je vais être très claire d'emblée et j'y reviendrai d'ailleurs plus tard : tout bêtement, c'est faux. Et les bêtises de ce genre, c'est retour à l'envoyeur DIRECT. Vous méritez de mener une vie heureuse, épanouie et qui ne fait pas de place à la souffrance ; et peu importe d'ailleurs que ce soit possible ou non, parce que ce n'est pas la question. Vous le méritez, un point c'est tout, et je ne suis pas d'humeur à discuter.

Il va falloir accepter que votre corps soit, pour le moment du moins, plus faible et en moins bonne santé qu'il n'a pu l'être auparavant. C'est juste un fait, pas un jugement de valeur ou de mérite ; ça ne dit rien d'autre sur vous. Est-ce que nier ce fait et donc forcer votre corps à vivre comme d'habitude va résoudre votre problème ? Si vous avez envie de me répondre oui, laissez-moi vous poser une question un poil différente : quand vous avez la grippe, vous trouvez ça logique d'obliger votre corps à faire tout ce qu'il fait d'habitude ? Vous pensez sérieusement que la grippe va s'envoler comme par magie, juste parce que vous le voulez et qu'en bonne tête de mule vous avez décidé d'ignorer votre besoin de repos (spoiler alert: ça ne marche pas) ? De ma propre expérience, prendre ce repos dont vous avez vraiment besoin vous permettra d'être à nouveau sur pied à peu près mille fois plus vite que le contraire. Et c'est vrai pour toutes les maladies.

 

  • Commencez par discuter de la durée et de la sévérité des effets secondaires avec votre médecin, c'est la personne la plus compétente pour déterminer si et quand vous devrez reprendre rendez-vous avec lui/elle. Si c'est votre psychiatre qui vous a prescrit vos médicaments et que vous ressentez des effets secondaires importants, vous pouvez quand même vous rendre d’abord chez votre médecin traitant : vous aurez plus de chances d'obtenir un rendez-vous rapidement, sans compter que les généralistes connaissent souvent les effets secondaires des médicaments mieux que les psychiatres, pour la simple et bonne raison qu'ils/elles suivent leurs patient·es au quotidien. Et si votre généraliste estime que les effets secondaires sont trop importants ou ont peu de chance de diminuer avec le temps, là évidemment il faut consulter votre psychiatre. Ceci dit, même si ça peut prendre du temps et parfois pas mal d'ajustements, il y a toujours une solution pour rendre tout cela plus supportable !

 

  • Demandez conseils et astuces à votre pharmacien·ne.
    • Ce sont des expert·es dans l'art de gérer plusieurs traitements en même temps, et ils/elles sont au courant des derniers produits en vente sur le marché, dont votre médecin traitant ou votre psychiatre n’ont parfois même pas encore entendu parler.
    • Ils/elles vous voient régulièrement (parfois même plus souvent que vos médecins), ce sont donc de très bons témoins de l’évolution de vos symptômes
    • ET vous n’avez pas besoin de prendre rendez-vous pour les consulter
    • Last but not least : en principe, chaque ville possède une pharmacie qui reste ouverte toute la nuit. Soit c'est toujours la même, soit comme c'est le cas en France, elle change chaque nuit ou chaque semaine (dans ce cas, il existe un numéro de téléphone ou un site internet pour vous indiquer quelle pharmacie est de garde). Attention par contre : récupérer vos médicaments ou acheter des produits dans une pharmacie de garde coûte en général plus cher qu’en journée

 

  • Assurez-vous de toujours prendre vos médicaments à l’heure (et si possible à la même heure chaque jour ; vive les alarmes sur le téléphone !). Souvent, les effets secondaires sont plus intenses ou mettent plus de temps à s'estomper du fait que les médicaments sont pris à des heures très différentes chaque jour. N’augmentez jamais, jamais la dose si vous en avez oublié une ou si vous avez l’impression que le médicament n’est pas assez efficace (sauf si votre médecin vous a spécifiquement dit de le faire).

 

  • Câlinez votre chien, votre chat, ou quel que soit votre animal de compagnie autant que possible (ou adoptez-en un). Il a été prouvé maintes et maintes fois que les animaux de compagnie avaient des effets bénéfiques sur la santé humaine. Entre autres :
    • Ralentir le rythme cardiaque
    • Aider à s'ancrer dans le moment ou dans son propre corps (grounding en anglais, une technique de relaxation et de gestion des crises de panique notamment) : sentir son animal fermement installé dans son cou ou contre sa jambe, aide à se focaliser sur cette partie de son corps, puis sur le fait que cette partie spécifique du corps permet d’être connecté·e à son animal…
    • Se sentir rassuré·e (et diminuer du même coup les manifestations de stress telles que vertiges, palpitations, maux d’estomac ou de tête…). Et hop, un gif de chat juste pour le plaisir

 

  • Dormez suffisamment (c'est-à-dire beaucoup). Je sais que vous le savez, et je sais que c'est parfois indépendant de notre volonté *JE VOUS VOIS, PARENTS*. Mais je sais aussi que je n'insisterai jamais assez là-dessus, vu qu'évidemment N'IMPORTE QUEL effet secondaire sera démultiplié sur un corps qui manque d'un élément aussi crucial que le sommeil. Vous ne remarquerez peut-être même pas que les effets secondaires sont pires ou qu'ils apparaissent précisément parce que vous manquez de sommeil... jusqu'au moment où vous dormirez plus et mieux, et que vous constaterez que les effets secondaires sont TELLEMENT MOINS GÊNANTS ! Donc :
    • Évitez de regarder des écrans 2 heures (ou plus !) avant de dormir (et on parle du coucher, hein, pas de l'heure à laquelle vous finissez enfin par ronfler)
    • Dînez légèrement, mais faites un vrai repas
    • Essayez d'avoir une heure habituelle ainsi qu'une routine de coucher (ça peut être n'importe quoi ; par la force de l'habitude, ça signalera à votre corps qu'il est temps de s'endormir)
    • La nuit, dormez dans votre lit (ne vous laissez pas vous assoupir sur le canapé devant la télé). Mais si vous faites une sieste l'après-midi, pour le coup choisissez plutôt le canapé ou en tout cas une pièce différente de votre chambre, de façon à signaler à votre corps de ne pas s’endormir profondément. Ça vous permettra de vous réveiller plus facilement et diminuera votre confusion par rapport à l'heure qu'il est à votre réveil.

 

  • Laissez tomber le superflu, le non-essentiel. Tout le monde se fiche que votre appartement soit poussiéreux, que vous n'ayez pas fait la vaisselle depuis plusieurs jours voire semaines, ou que le sol de votre chambre disparaisse sous les vêtements sales. En vrai ? Surprenez-les n'importe quel jour de la semaine et vous verrez que la plupart des gens vivent exactement dans le même appart crasseux que vous. Ça fait de votre maladie une très bonne raison de plus de ne pas nourrir des sentiments inutiles de culpabilité, basés sur l'illusion que les maisons des autres ont une meilleure tête. Ou sur l'idée, toute aussi illusoire, que la vôtre devrait quand même être en meilleur état, peu importe la négligence dont font preuve les autres... Votre santé est incommensurablement plus importante que l’état de votre logement. En prime, voilà une citation de J.K. Rowling sur la manière dont elle a géré les tâches ménagères pendant qu'elle écrivait ses livres, parce que si la maman d'Harry Potter peut vivre entourée de saleté tout en restant géniale... vous le pouvez aussi.

La réponse c'est: je n’ai pas fait de tâches ménagères pendant quatre ans. Vivre dans la crasse. C'est ça la réponse.

- J. K. Rowling, déesse de tous les logements sales-mais-hébergeant-malgré-tout-des-personnes-formidables.

  • Demandez à quelqu’un de faire quelques tâches ménagères pour vous. Sérieusement. Ça peut être : vos enfants (s’ils/elles sont assez grands), un·e proche, des ami·es, vos parents (oui vous êtes indépendant·e, mais non cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas accepter leur aide), vos voisin·es (ce qui pourrait même être l'occasion d’apprendre à les connaitre), ou même un·e aide-ménagèr·e. La plupart du temps, les gens sont bien plus disposé·es à aider que vous ne le croyez, ils/elles ne voient pas ça comme un caprice de votre part mais plutôt comme une manière facile et très utile de vous soutenir, de vous aider à aller mieux. Il est même probable qu’ils/elles cherchaient justement un moyen de le faire. Nécessiter plus de temps pour guérir et ne faire les choses qu’à moitié par pure culpabilité, ce n'est pas une manière très efficace de dépenser son argent. Alors que vos économies seraient quand même beaucoup mieux investies si elles servaient à payer un·e aide ménagèr·e, pour vous aider à aller mieux et offrir du même coup un travail décent à quelqu'un.

 

  • Préférez des repas sains, réellement nourrissants (en termes de nutrition). C’est notamment pour ce genre de choses qu'une aide est la bienvenue... Votre repas devrait idéalement comprendre beaucoup de légumes (surtout les verts avec des feuilles), de la viande ou bien d’autres légumes qui vous apporteront entre autres du fer, du bon gras comme de l’huile d’olive ou de l’avocat, pas trop de pâtes ou de pommes de terre, des produits laitiers en quantité limitée (surtout s’ils ont une forte teneur en matières grasses) et des fruits, en petite quantité mais néanmoins présents. Je ne suis pas une experte et on n'est pas là pour parler des problèmes liés à une mauvaise nutrition, mais je tiens ces conseils de ma nutritionniste justement ; et ils sont destinés à des personnes plutôt dans la moyenne, avec une santé physique plutôt dans la moyenne aussi (manger équilibré peut aider quand on souffre d'un trouble mental, mais on verra ça plus tard dans un autre article).

 

Vertiges et faiblesse musculaire

Les vertiges comptent parmi les effets secondaires les plus répandus mais aussi, heureusement pour nous, parmi ceux qui disparaissent souvent assez rapidement une fois votre corps habitué aux médicaments. S’ils persistent (plus d’une semaine), parlez-en immédiatement à votre médecin. Il/elle ajustera la dose, changera complètement de médicament ou vous prescrira un traitement additionnel, parce que les vertiges peuvent se révéler ingérables voire dangereux au quotidien, en particulier si vous êtes seul·e.

 

  • Essayez d’avoir toujours quelqu’un à vos côtés (dans votre logement, hein, je ne suis pas en train de dire qu’il/elle doit vous suivre à chaque pas), parce qu'un vertige peut rapidement se transformer en évanouissement et vous pourriez vous blesser. Donc, si vous êtes un vieil ours mal léché ou que vous ne supportez tout simplement pas d’avoir constamment quelqu’un dans vos pattes (petit jeu de mot que je n'avais pas prémédité mais dont je suis quand même très fière), rappelez-vous que si vous vous évanouissez et tombez dans les escaliers, avoir vos quatre membres dans le plâtre ne va pas vous aider à retrouver votre indépendance. Vous n'avez pas envie de ça, et les gens qui devront ensuite vous supporter sous forme d'ours grincheux non plus. Assurez-vous au moins d’avoir quelqu’un qui vous appelle une ou deux fois par jour, ou après chaque tâche fatigante prévue d'avance.

 

  • Vous reposer autant que possible, compte tenu de vos responsabilités quotidiennes évidemment, ça veut aussi dire éviter les efforts physiques inutiles pendant quelques temps. C'est le moment de reporter les courses non urgentes ou mieux, de faire vos courses en ligne et de les faire livrer chez vous ou à la limite au drive-in (le drive-in piéton se démocratise d'ailleurs en France). Je me répète, mais demander à quelqu'un de faire quelques courses pour vous est également une très bonne option sur laquelle vous devriez compter. Ralentissez sur l'haltérophilie et les cours de zumba. Vous pourrez probablement continuer à faire du sport ! Choisissez simplement des exercices à effectuer plus lentement, tels que :
    • Des mouvements de yoga : par ici pour trouver quel type de yoga vous convient le mieux et par là pour une chanson absolument hilarante sur le yoga (pour avoir les sous-titres en français, allez dans les paramètres de la vidéo puis sélectionnez les sous-titres automatiques en français)
    • Une petite balade dehors, sans se presser
    • Une séance douce de vélo d’appartement
    • Un moment de trempette à la piscine (attention cependant à ne jamais y aller seul·e, à bien rester là où vous avez pied, et à tremper seulement vos petons si l’eau est trop froide parce que ça aussi, ça peut provoquer des vertiges)
    • Promener votre chien·ne (tant qu'il/elle ne risque pas de VOUS promener en courant au bout de sa laisse) constitue aussi une bonne alternative puisque ça se passe à intervalles réguliers, ce qui veut dire que vous pouvez prévoir un moment de repos juste avant et juste après

 

  • La chaleur a tendance à empirer les vertiges, donc :
    • Préférez le trottoir qui est à l’ombre
    • Sortez un peu plus tôt ou un peu plus tard que nécessaire pour éviter les heures de pointe
    • Prenez le bus ou le tramway (qui ont plus de chance d’être climatisés) plutôt que le métro
    • Ayez toujours une bouteille d'eau potable sur vous (par ici pour une sélection de gourdes réutilisables)
    • Cuisinez des repas qui n'ont pas besoin d'aller au four, ça vous évitera d’être brutalement exposé·e à de fortes chaleurs à chaque fois que vous vérifiez si c'est prêt
    • Mouillez un mouchoir et rafraîchissez régulièrement votre front, votre nuque, vos poignets, et l’espace juste en dessous de vos oreilles
    • Boire beaucoup d’eau (froide mais pas glacée !), c'est aussi extrêmement important, même en hiver
    • Enfin, s'attacher les cheveux et porter un chapeau, ça peut sembler sans importance... alors que ça peut faire la différence entre s’évanouir devant le kebab et rentrer chez soi fatigué·e mais sain·e et sau·f·ve

 

  • Assurez-vous de manger suffisamment et de choisir des repas sains et réellement nourrissants (en termes de nutrition). En gros, ça veut surtout dire éviter les produits pleins de sucre, parce que ça risque de provoquer des vertiges quelques heures plus tard lorsque votre taux de sucre redescend brusquement.

 

  • Dormez suffisamment, donc beaucoup. Personnellement l'un de mes premiers facteurs de vertiges, au quotidien et sans même parler de maladie, c'est le manque de sommeil. Donc on va éviter d'ajouter ça à la liste des trucs qui peuvent vous en provoquer.

 

  • Si éveillé·e, vous ressentez des vertiges sans même bouger, évitez de vous allonger complètement. Surélevez légèrement votre tête et votre dos (avec deux ou trois coussins, par exemple). Je trouve personnellement que ça m’aide à respirer (et plus on a d'oxygène mieux ça va). Ça peut aussi aider à réduire les vertiges dus à un changement de position, puisque vous vous lèverez à partir d’un endroit plus élevé.

 

  • L’anxiété aussi peut provoquer des vertiges et une faiblesse musculaire, et l’apparition ou l’augmentation de l’anxiété peut être un effet secondaire des médicaments. Dans ce cas, parlez-en à votre médecin : il/elle pourra sans doute soit modifier le dosage de votre médicament, soit en changer complètement, soit vous prescrire en plus un anxiolytique [médicament contre l'anxiété.]

 

  • Évitez l’alcool. Je suis sûre que vous n’êtes pas idiot·es et que vous savez que mélanger l'alcool et les médicaments est une mauvaise idée, mais permettez-moi de vous le rappeler juste au cas où (au cas où vous auriez oublié, pas au cas où vous seriez idiot·es). Si vous avez une addiction à l'alcool, essayez de passer à des boissons plus légères. Diminuez aussi les mix dangereux d'alcool et de médicaments en laissant passer un maximum de temps entre le moment où vous buvez et celui où vous prenez votre médicament.

Nausée

Bon, je n’ai pas grand-chose à dire à ce sujet, mais voilà ce que j’ai pu rassembler.

 

  • Ne vous empêchez pas de vomir. Comme Hagrid le dit dans Harry Potter (oui je suis fan, et il se peut que ce soit la dernière citation d'Harry Potter dans cet article... ou pas) :

Il vaut mieux que ça sorte!

- Hagrid, à un rouquin bien connu en train de vomir limace sur limace par suite d'un maléfice.

  • Rafraîchissez régulièrement votre front, votre nuque, vos poignets, et l’espace juste derrière vos oreilles (c’est là où c'est le plus efficace pour moi quand il s’agit d’éviter de vomir) avec un mouchoir mouillé. Ou mieux, prenez une ou deux douches fraîches (pas glacées) dans la journée.

 

  • Mangez. C'est contre-intuitif, mais la nausée empire lorsqu’on garde l’estomac vide, en particulier dans les transports. En plus, votre corps a besoin de nourriture pour fonctionner (j’espère que ce n’est pas une énorme découverte pour vous) et si vous passez votre temps à vomir, il faudra manger à nouveau. Cuisinez des repas nourrissants mais qui n’ont pas une odeur trop forte. Si vous ne parvenez pas à garder la moindre nourriture dans votre estomac (au lieu de vomir à des moments précis, comme par exemple lorsque vous prenez votre médicament), essayez de manger du riz avec du yaourt nature et une pincée de sel. C’est une recette de ma grand-mère syrienne, et jusqu'ici ça a plutôt bien fonctionné pour moi.

 

  • BUVEZ DE L’EAU. BEAUCOUP D’EAU. Quand vous êtes malade et que vous vomissez beaucoup, vous perdez de l’eau et c’est ce qu'il y a de plus important pour votre organisme, surtout quand vous n'allez pas bien. Donc buvez autant d’eau que possible, nature ou légèrement sucrée, évitez l’alcool, les jus de fruits acides et le café (votre estomac en prend déjà suffisamment plein la figure), et buvez encore plus d’eau. Et puis encore un peu plus (ça marche aussi pour la gueule de bois, boum, deux pour le prix d’un).

 

  • Choisissez bien votre siège (si vous lisez ceci d'une voix profonde et mystérieuse, vous avez raison, parce que c’est exactement comme ça que je l’écris). Dans les transports, choisissez :
    • le siège avant en voiture
    • une place à la fenêtre en train ou en avion
    • une place dans le sens de la marche du train (évidemment il faut être dans un train, sinon c’est plus compliqué)
    • et essayez de garder votre fenêtre ouverte pour avoir de l’air frais (ça c'est quand vous n’êtes PAS en avion. Ahem).

 

  • Demandez à votre médecin de vous prescrire un anti-vomitif si ce n’est pas déjà le cas.
    • Ne laissez pas passer plus de trois jours si vous vomissez beaucoup, d’abord parce que vous risquez de vous déshydrater sérieusement, ensuite parce que si vous passez votre temps à vomir votre médicament, il y a peu de chance qu’il soit efficace.
    • Si vous vomissez une ou deux fois par jour mais que vous réussissez à garder votre médicament et que ça ne perturbe pas trop votre vie quotidienne, je pense que vous pouvez laisser passer une ou deux semaines ; on met souvent un peu de temps à s’habituer à ce genre de médicament. Mais discutez-en d'abord avec votre médecin, qui saura vous dire mieux que quiconque quand reprendre rendez-vous et à quel degré de sévérité vous devez vous attendre pour ces effets secondaires.

Bouffées de chaleur, sensibilité accrue aux températures, transpiration accrue

Croyez-moi, je sais à quel point ça peut être difficile. Je viens d’un pays chaud, donc quand j’ai remarqué pour la première fois que j’avais du mal à supporter les températures élevées ici en France, je me suis sentie trahie par le monde entier.

J’ai listé quelques conseils ci-dessous. Mais si vous continuez à trouver ça vraiment insupportable, si ça perturbe votre vie quotidienne et que ça vous empêche de faire ce que vous devez ou voulez, je vous conseille comme à chaque fois d’en discuter avec votre médecin (plutôt votre généraliste en premier lieu). Un traitement hormonal pourrait vous soulager, ou peut-être qu’une légère modification du dosage de votre médicament suffira. Quoiqu’il en soit, voilà ce que vous pouvez faire !

 

  • Choisissez du coton ou autres matières naturelles dès que vous pouvez. Quand on a chaud la peau a aussi tendance à devenir plus sensible, surtout avec toute la transpiration. Le coton c'est ce qu'il y a de mieux, parce que c’est un tissu respirant qui a peu de risque de provoquer des réactions allergiques (vous trouverez des conseils pour les problèmes de peau un peu plus bas dans cet article). Le lin est aussi un très bon choix, attention simplement à sa texture parfois râpeuse et son prix souvent élevé. Si vous n'arrivez pas à trouver ces matières ou que vous n’en avez pas les moyens, et si vous n’êtes pas allergique aux matières synthétiques, vous trouverez de nombreuses options de vêtements légers et respirants au rayon sport.

 

  • Des vêtements courts ne seront pas nécessairement plus efficaces : vous aurez une plus grande surface de peau exposée directement au soleil, et vous aurez malgré tout trop chaud parce que vos vêtements seront trop serrés. Les gens qui vivent dans le désert ou dans des endroits chauds (que le climat soit humide ou sec) portent traditionnellement des vêtements longs et fluides plutôt que courts et serrés parce qu’ils/elles savent que ce sera plus efficace. Donc dans les rayons hommes comme femmes, choisissez des vêtements plus légers, plus fluides. Si vous aimez ce qu’on appelle les « styles ethniques » n’hésitez pas, ils sont souvent faits pour maximiser confort et commodité :
    • Choisissez des pantalons ou des robes à la coupe large (plutôt que de simplement prendre une taille au-dessus de la vôtre, ce qui ne fera que rendre les choses plus difficiles), des jupes ou des t-shirts fluides. Et si vous en portez, faites d’une pierre deux coups : les robes longues peuvent aussi servir de tuniques avec des leggings, pour un style différent.
    • Si vos leggings sont légers et en tissu respirant, vous pouvez aussi les porter à la place d’un jean ou d’un pantalon fluide (plus approprié si vous êtes soumis·e à un code vestimentaire occidental strict).

 

  • Dans les enseignes de maquillage (et oui messieurs vous êtes aussi concernés !), vous trouverez une petite perle qui n’a l’air de rien comme ça mais qui pourrait bien vous sauver la vie : les papiers matifiants. Ils sont extrêmement efficaces quand vous suez abondamment (gracieuse recommandation de mon mari qui en a fait usage avec grand soulagement pendant notre mariage estival), bien plus que les traditionnels mouchoirs en papier qui peuvent en réalité, pour une quelconque raison à la c**, faire suer encore plus.

 

  • Buvez des litres et des litres d’eau. Pour cause de transpiration.

 

  • Utilisez un anti-transpirant au lieu d’un déodorant. Ce conseil est à prendre avec beaucoup de précautions, car la transpiration est un phénomène naturel qui permet au corps de s’auto-réguler. Mais si vous transpirez vraiment de façon excessive et que ça perturbe votre quotidien, c’est une option à envisager, peut-être pas pour toute la journée, tous les jours, mais aux moments où la transpiration devient insupportable pour vous.

 

  • Gardez toujours un petit éventail sur vous. C’est mieux que rien, et ça peut même être très joli (gracieuse recommandation de ma belle-mère, à ce même mariage estival). PS : Les hommes peuvent en utiliser aussi, OK ? Il fait CHAUD donc les gens essaient de se RAFRAÎCHIR. Rien de problématique là-dedans.

 

  • Parfois, perdre de la graisse corporelle peut aider à diminuer la sensibilité à la chaleur, car la graisse est un isolant naturel, ce qui signifie que votre corps garde mieux la chaleur (même si en réalité c'est un peu plus compliqué que ça). Faire de l'exercice par des températures plus chaudes (on parle de 20 minutes à 37°C MAXIMUM hein, faites preuve de prudence et BUVEZ BEAUCOUP D'EAU) peut aussi aider à renforcer sa résistance à la chaleur, ça vous donnera peut-être envie d'aller faire un tour en salle de sport. Si comme moi vous détestez vous sentir transpirant·e, essayez la natation, l'aquagym, l'aquabiking (vélo de piscine), l'aquadanse, l'aqua-licorne... Tant de possibilités s'offrent à vous !

 

Je suis en train de créer des partenariats avec différentes marques pour vous recommander mes produits préférés et vous proposer des réductions au passage, donc ouvrez l'oeil ! Et dites-moi en commentaire quels produits VOUS aimez utiliser pour pallier à ce genre de problèmes...

Affections cutanées

Que votre peau soit soudainement plus grasse ou qu’elle se mette brutalement à vous gratter, la première chose que je veux vous dire c'est: s’il vous plaît, ne haïssez pas votre corps. Ça n’aide vraiment pas.

Une peau grasse par exemple, c'est simplement une manière pour votre corps de vous dire qu’il se fait attaquer, et de vous protéger ! Le concept essentiel à garder en tête, c'est que votre peau est naturellement recouverte d’une couche protectrice relativement grasse, faite pour la protéger des agents agressifs externes. Ce qu'il ne faut surtout pas faire, c'est donc en purger votre peau, "l'assainir" ! Une peau grasse est due à une production plus importante de sébum par votre corps, en réponse à l'exposition brutale à des produits irritants et asséchants. Donc plus vous frottez, plus votre peau devient grasse ET sensible, déclenchant un cercle vicieux. Ça peut aussi être dû à un déséquilibre hormonal.

L’irritation et la sécheresse cutanée sont aussi provoquées par les médicaments que vous prenez et qui attaquent votre corps, empêchant votre peau de garder sa protection grasse naturelle contre le soleil, l’eau, la pollution, etc.

La deuxième chose que je veux vous dire c'est, ne désespérez pas, il existe des solutions ! D'ailleurs, la plupart des solutions listées ci-dessous fonctionnent aussi bien pour une peau grasse que pour une peau sèche, puisqu’elles ont toutes pour principe de respecter et d'apaiser votre peau.

 

  • Allez voir un·e dermatologue. Ils/elles sont bien évidemment expert·es sur le sujet et connaissent notamment bien les réactions cutanées dues à des médicaments. Ils/elles pourront vous recommander des marques ou des produits particuliers, et vous aideront à établir une routine de soin de la peau sur-mesure. Votre médecin généraliste devrait être en mesure de vous recommander un·e dermatologue, surtout si comme en France vous avez l'obligation d'avoir une prescription de votre médecin traitant pour consulter un·e spécialiste.

 

  • Si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas aller chez un dermatologue, quelle qu’en soit la raison, essayez au moins de suivre ces quelques règles :
    • Essayez de limiter le nombre total de produits que vous utilisez sur votre peau, et en particulier le nombre de produits que vous appliquez en même temps.
    • Testez toujours le produit sur une petite zone de votre peau, et laissez passer quelques heures avant de décider que vous pouvez l’utiliser en toute sûreté. Non, attendez vraiment.
    • Moins il y a d’ingrédients, mieux c’est (moins de risque que des produits chimiques agressifs et inutiles aient été ajoutés simplement pour leurs propriétés moussantes ou parfumantes).
    • Réellement bio c'est mieux aussi pour les mêmes raisons, mais prenez garde au fait que « bio » selon les pays et les labels ne désigne pas nécessairement le même pourcentage de bio dans le produit fini ni les mêmes conditions requises pour répondre à la définition de biologique.
    • Les produits sans parfum sont généralement plus sûrs, et ça ne veut pas dire que votre produit ne sentira rien du tout! Ça veut simplement dire qu’il n’y a pas de parfum ajouté, donc que le produit final aura un parfum naturel provenant des ingrédients utilisés, qui sont employés pour leurs véritables propriétés plutôt que pour leur parfum.

 

  • HYDRATEZ-VOUS. Je ne peux même pas suffisamment souligner à quel point c’est important. L’eau est l’élément dont l'organisme a le plus besoin et encore une fois, si votre corps se sent en manque d'eau, il risque de sécréter encore plus de sébum (ce qui donne à la peau son aspect gras) dans une tentative de compensation. Maintenant, s’hydrater signifie concrètement… boire beaucoup d’eau, et puis encore un peu plus. La majorité de l'hydratation de votre peau vient de l’intérieur, c'est-à-dire l’eau que vous buvez – c’est pour cette raison que 99% des crèmes hydratantes précisent qu’elles n’hydratent que les couches superficielles de votre peau. PARCE QU'IL FAUT QUE ÇA VIENNE DE L’INTÉRIEUR. Si vous avez des difficultés à boire suffisamment d’eau parce que vous ne ressentez tout simplement pas la soif, voici quelques conseils. Ça m'a honnêtement pris plusieurs années, mais boire plus d’eau au quotidien a fini par conduire mon corps à ressentir une soif régulière, plus intense et saine !
    • Mettez des alarmes sur votre téléphone pour vous rappeler de boire de l’eau régulièrement
    • Buvez votre eau à partir d'une bouteille réutilisable pour pouvoir mesurer si vous en buvez suffisamment dans la journée
    • Choisissez une bouteille réutilisable sympa qui vous aidera à en faire un moment plus agréable. Promis, ça aide ! Voici une sélection de gourdes réutilisables sans plastique – qui est mauvais pour l’environnement mais aussi pour vous, parce que l’eau ne reste pas fraîche, finit par prendre un goût désagréable au bout d'un moment, et des micro-particules de plastique ont tendance à se transférer directement dans l'eau que vous buvez
    • Fixez-vous le but de boire un certain nombre minimum de verres d’eau par repas ou par jour
    • Buvez plutôt de l'eau assez froide : je trouve que ça diminue le mauvais goût commun à la plupart des eaux de robinet, et que pour une raison ou une autre c’est plus facile à boire en grandes gorgées
    • Parfumez légèrement votre eau, par exemple en :
      • Laissant tremper une tranche de fruit dans votre eau, comme du citron
      • Ajoutant dans votre bouteille d'eau un arôme de fruit acheté en magasin (faites attention à bien le choisir à base de fruits sans sucre ajouté, et évitez les sirops pleins de sucre !). Attention, si votre bouteille d'eau réutilisable est en plastique, n’y mettez pas de produits acides ! Vous n’imaginez pas à quel point l’eau aura mauvais goût à cause du plastique qui s’y sera infiltré une fois que l’acide l’aura attaqué
      • Achetant simplement des eaux déjà aromatisées (encore une fois, attention aux sucres ajoutés)

 

  • Changez de savon. C'est le moment de se choisir de nouveaux savons et shampooings solides (oui, ça existe et c’est assez génial) écologiques, sans produits chimiques agressifs et au parfum merveilleux !
    • Suivez les règles mentionnées plus haut : une courte liste d'ingrédients facilement identifiables, bio si possible – cela exclut de fait les savons de supermarché. Si vous avez vraiment des problèmes de peau, je ne peux que vous recommander de payer un peu plus cher pour avoir une peau en bonne santé, qui ne sera plus une source d'inquiétude ni de nuisances au quotidien. Perso ça me rendait folle à en pleurer, donc n'ayez pas honte.
    • Il vous faudra choisir un savon purifiant mais doux, donc attention aux savons gommants qui risquent d’irriter votre peau déjà sensible, même si elle est grasse. Cherchez en ligne ou dans des magasins spécialisés des savons avec ces mots-clé : surgras et saponifié à froid (ce dernier point est important, c'est ce qui indique que votre savons a gardé une bonne partie des huiles qui le constituent dans leur état d'origine). Honnêtement, trouver ce type de savon a sauvé ma peau et ma raison, et a mis un stop au braquage constant de mon compte en banque par de grandes sociétés pharmaceutiques avec des produits moins efficaces. C'est vraiment le meilleur rapport qualité-prix que j'ai trouvé, savon fait maison par mes soins inclus. Vous pouvez même utiliser certains de ces savons pour vos cheveux, s'ils conviennent à votre type de cuir chevelu.
    • Je reviens bientôt avec une sélection de savons et de shampoings mais en attendant, voici ma marque préférée. Les produits sont normalement expédiés en France et dans les pays limitrophes, mais vous pouvez aussi leur écrire pour demander un envoi à une autre destination, ils calculeront le coût d'expédition pour vous.

 

  • Hydratez votre peau, en:
    • Appliquant quotidiennement des produits hydratants. Les peaux grasses en ont autant besoin que les peaux sèches !
    • Faisant des masques hydratants d’une dizaine de minutes deux ou trois fois par semaine avec :
      • Du miel pur (encore mieux s'il est bio) auquel vous pouvez ajouter du jus de citron (sauf si vous avez la peau sèche !)
      • De l’argile blanche ou verte mélangée avec de l’eau qui doit laisser les pores de la peau dégagées mais douces (mais d’expérience, évitez de le faire sur une peau irritée)
      • Et vous pouvez bien sûr faire des masques pour votre peau ailleurs que sur le visage. Évitez simplement les yeux, les muqueuses (attention aux alentours de votre vulve si vous vous faites un masque sur les cuisses, par exemple) et en gros tous les endroits hyper sensibles ou judicieusement situés à l’intérieur de votre corps : laissez ces zones-là tranquilles !

 

  • Quand vous sortez de la douche, ne vous frottez pas brutalement avec une serviette, surtout si c’est une vieille serviette rugueuse. Utilisez plutôt cette même serviette pour sécher votre peau en la tapotant doucement, surtout sur votre dos, le haut de vos bras et votre poitrine. Pour les zones plus grandes comme votre dos, contentez-vous de bien serrer la serviette autour de vous sans frotter ni même tapoter, elle absorbera l’eau de votre corps. Si sa texture très spécifique ne vous dérange pas, une serviette microfibre vous apportera la solution sur un plateau d'argent : elle est très douce et sèche en moins de deux. Vous sécherez aussi beaucoup plus rapidement si vous pouvez laisser une fenêtre entrouverte pendant ou après votre douche. En hiver, vous pouvez utiliser un radiateur soufflant.

 

  • Allez-y mollo sur le maquillage et surtout démaquillez-vous toujours avant d’aller au lit : de façon générale, le maquillage bouche les pores et empêche votre peau de respirer correctement. Donc n’oubliez pas de vous démaquiller, DOUCEMENT :
    • La méthode la plus douce consiste à utiliser de l’eau tiède (et non pas brûlante) sur un morceau de tissu doux et propre, et si vous en ressentez vraiment le besoin, avec du savon à la glycérine sans parfum ajouté. Encore une fois, je vous proposerai bientôt une sélection, mais pour l'instant, voici la serviette démaquillante qui me sauve la vie au quotidien et préserve mes yeux et ma peau. Il suffit de la mouiller pour enlever le maquillage, même waterproof !
    • Si vous préférez utiliser un véritable produit démaquillant sur un chiffon doux ou un coton, je vous ferai bientôt une sélection de démaquillants qui n’abîment pas la peau.
    • Par pitié, ne vous frottez pas brutalement le visage : ça irrite et assèche la peau. Contentez-vous de tapoter DOUCEMENT (c’est le mot clé ici, au cas où vous n’auriez pas remarqué) votre peau avec le morceau de tissu ou le coton, ou de le nettoyer vraiment… eh bien, doucement.

 

  • Si vous tenez vraiment à utiliser un nettoyant purifiant sur votre visage :
    •  Par ici et par là pour deux excellents articles sur les routines de nettoyage du visage
    • C'est contre-intuitif mais choisissez-en un surgras et hydratant : ces nettoyants purifiants fonctionnent en s’attachant au sébum, qui partira en même temps que le nettoyant lorsque vous rincerez à l’eau.
    • Vous pouvez aussi essayer des nettoyants purifiants contenant de l’acide salicylique, qui aidera à enlever l’excès de sébum directement dans vos pores. Mais attention ! Votre peau après coup doit être douce au toucher, pas tiraillée ni sèche.

 

  • Après avoir demandé conseil à votre dermatologue (c’est-à-dire si toutes les autres options ont été épuisées), discutez avec votre médecin traitant ou votre gynécologue de la possibilité d'un traitement hormonal. Mais prenez garde car les hormones peuvent avoir tout un panel de conséquences sur le poids, les émotions, la digestion, la libido, le cycle menstruel, etc. Mais pensez-y malgré tout, parce que :
    • Vos médicaments dérèglent peut-être vos taux d'hormones, affectant du même coup votre peau, et il est possible de ré-équilibrer tout ça grâce à des hormones supplémentaires.
    • Ou alors vos médicaments affectent *juste* l'équilibre de votre peau, ce qui peut aussi se résoudre en prenant des hormones supplémentaires.
    • Si vous prenez une contraception hormonale (stérilet hormonal, pilule contraceptive, implant, etc.), vous pouvez envisager de changer de méthode de contraception ou simplement de dosage, ou de demander à votre partenaire d'avoir recours à son tour à un moyen de contraception (vous trouverez ici le récapitulatif de toutes les contraceptions existantes avec leurs caractéristiques)

 

  • Si vous avez souvent des éruptions cutanées :
    • Suivre les conseils mentionnés ci-dessus devrait aider au quotidien, même si ça ne résoudra probablement pas le problème en lui-même. Je ne peux que vous conseiller de discuter avec votre psychiatre d'un changement de médicament ou au moins de dosage, et de consulter absolument un·e dermatologue.
    • Hydrater votre peau tous les jours, voire plusieurs fois par jour, avec un lait corporel ou des huiles naturelles bio (comme l’huile de jojoba, de coco ou d’amande) reste la meilleure méthode pour diminuer les effets de ces éruptions cutanées

 

  • Pour les boutons, points noirs, et l’acné en général :
    • Encore une fois, il vaut mieux aller voir un·e dermatologue car il existe différents types d’acné qui apparaissent pour différentes raisons
    • De manière générale, évitez de manger des produits riches en sucres ajoutés et/ou en graisses saturées, qui ont tendance à favoriser une peau grasse et l’apparition de boutons
    • Vous pouvez appliquer de l’argile blanche bio (diluée dans un peu d’eau pour que l’application soit plus facile) sur la zone qui pose problème. Elle absorbera le sébum et aidera à réduire le gonflement. Faites-le une ou deux fois par jour, mais rappelez-vous que l’argile assèche la peau et qu’il faut donc aussi hydrater cette zone
    • Pour les boutons qui semblent « prêts » (légèrement gonflés, rouges, avec un point blanc au centre), vous pouvez essayer de les désinfecter DOUCEMENT en les tapotant avec un coton au préalable humidifié ou vaporisé avec du désinfectant. Ne faites pas la même erreur que moi en frottant trop énergiquement et en causant une véritable brûlure de la peau. C'est vraiment pas mieux qu'un bouton, ça fait mal, et ça met beaucoup plus de temps à guérir. Et voilà.

 

Perte de cheveux ou cheveux abîmés

Si vous avez vos règles, il faut savoir que la plupart des personnes qui sont menstruées ont tendance à avoir des carences en fer (et en magnésium). Cette déficience peut donc s'ajouter aux effets secondaires des médicaments et expliquer la triste mine de vos cheveux. Essayez d’ingérer plus de fer, c’est-à-dire :

 

  • Choisir des aliments riches en fer, comme ceux de cette liste non exhaustive :
    • La viande rouge (attention à ne pas trop en consommer pour autant) et le foie de poulet
    • Les lentilles (super rapport nutrition/satiété/prix), les pois chiches et les haricots
    • Les coquillages/fruits de mer (en particulier les moules)
    • Les épinards ne sont en réalité pas si riches que ça en fer (désolée Popeye) mais ils contiennent beaucoup de vitamine C qui aide à l’absorption du fer
    • Les graines de courges (une très bonne idée de snack)
    • Les céréales de petit-déjeuner enrichies en fer (attention aux sucres ajoutés par contre)
    • Et le chocolat noir !
    • Le top du top, c'est de manger ces aliments riches en fer en même temps que des aliments riches en vitamine C, pour faciliter l’absorption dudit fer

 

  • Et éventuellement demander à votre médecin traitant de vous prescrire quelques mois de suppléments en fer, mais sachez que ce fer-là est moins bien absorbé que celui qu'on trouve directement dans la nourriture.

 

Passer à un shampooing bio au romarin peut aussi aider.

Fringales et augmentation ou diminution de l’appétit

Si vous n’arrivez pas à résister à vos fringales, essayez de les combattre en les intégrant dans vos repas plutôt qu'en y succombant au hasard pendant la journée ou la nuit (croyez-moi, je sais à quel point c’est difficile).

 

Si votre appétit augmente, essayez de :

  • Répartir la prise de nourriture en plusieurs repas plus légers (4 ou 5) grâce notamment à des en-cas équilibrés
  • Varier vos repas (cuisine méditerranéenne, thaïe, polonaise, japonaise, italienne, éthiopienne... il y a tellement de possibilités !). Pour ça, j'ai découvert LA.MEILLEURE.APPLI. pour planifier les repas et cuisiner, essayez-la !
  • Sortir de chez vous ou faire plus de petites pauses au travail, de façon à ne pas grignoter par ennui
  • Augmenter la proportion d'aliments sains (plus de brocolis, moins de pâtes par exemple)
  • Boire de l’eau très, très régulièrement
  • Boire du café/déca/thé/eau aromatisée, bref, n'importe quoi de pas (trop) sucré pour vous distraire de l'envie de manger
  • Contrairement aux premiers instincts (qui sont de réduire la quantité de nourriture), assurez-vous de manger suffisamment d’un point de vue nutritionnel
  • Dormir suffisamment : on a tendance à manger plus (parce qu'on a vraiment plus faim) quand on est fatigué ·e
  • Discuter des effets secondaires des différents médicaments envisageables avec votre psychiatre avant qu'il ou elle fasse la prescription (notamment sur la question de la possible prise de poids)
  • Consulter un·e diététicien·ne ou au moins suivre vos changements de poids avec votre psychiatre, afin de limiter la prise de poids (effet secondaire de nombreux psychotropes). Attention à ne pas simplement décider vous-même de limiter le nombre de calories que vous avalez, par exemple en suivant des conseils d'ordre général qui se basent par rapport à votre genre ou à votre taille : cela ne sera pas forcément adapté à votre cas précis

 

Si votre appétit diminue, essayez de:

  • Consommer de la nourriture sous forme liquide, comme des smoothies avec plein de fruits et légumes différents (faits maison ou conçus pour une nutrition optimale par une startup du secteur alimentaire)
  • Consommer de la nourriture sous forme de barres énergétiques (saines et équilibrées) que vous pouvez grignoter à votre rythme (il y a de plus en plus de startups dans le secteur alimentaire qui lancent de nouveaux produits)
  • Manger votre plus gros repas au moment qui vous convient le mieux (ça ne doit pas obligatoirement être le petit déjeuner et ça ne doit pas obligatoirement être à des heures "normales", faites juste ce qui marche le mieux pour vous)
  • Vous assurer que ce que vous réussissez à manger est aussi nutritionnellement riche que possible
  • Manger avec des proches et des gens sympa (ça aide à moins se concentrer sur la nourriture)

 

Le plus important, c'est de ne pas vous en vouloir et de vous souvenir que les changements d'appétit, dans un sens ou un autre, constituent un symptôme très répandu de dépression (qui peut elle-même être un effet secondaire des médicaments)… donc prenez le temps de vous demander comment vous allez.

 

Pensées suicidaires (apparition ou intensification)

Si ça dure plus de 3 jours, si les pensées suicidaires deviennent très fortes et intrusives, ou si vous estimez risquer de passer à l’acte, allez voir votre médecin immédiatement : soit votre généraliste, soit votre psychiatre, soit les urgences si les premier·es ne sont pas disponibles. Pas d'hésitation, pas de discours de je ne suis pas assez malade : là on est sur une priorité, on est sur une urgence, c'est pas le moment de jouer les gros bras.

 

S'il est probable que vos pensées suicidaires soient liées à votre traitement, votre dosage ou bien votre traitement en entier seront modifiés et vous devriez vous sentir rapidement mieux, mais soyez vigilant·es parce que les idées suicidaires peuvent prendre bien des formes et pas simplement je veux me tuer. Il y aura bientôt un article sur le sujet ; mais de façon générale prêtez toujours attention aux comportements et pensées qui vous viennent mais sont inhabituelles pour vous, car personne ne vous connaît mieux que… vous-même !

Bouche sèche ou "cotonneuse"

Pas grand-chose à faire pour ça à part boire de l’eau… si vous avez du mal à boire suffisamment, vous trouverez quelques conseils dans le chapitre sur les affections cutanées !

« Brain zaps » [sensation de décharges électriques dans le cerveau]

Pas grand-chose à faire contre ça, les gars, désolée. La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas dangereux.

Personnellement, je me suis aperçue que ça augmente avec la fatigue (comme à peu près n'importe quel problème) et les longues périodes passées de concentration intense, sur un écran par exemple.

Ça dépend de leur fréquence évidemment, mais vous déciderez peut-être de les supporter si votre médicament améliore vraiment votre santé mentale globale. Ces zaps de cerveau peuvent d'ailleurs constituer un problème temporaire, même si temporaire dans ce cas peut signifier une voire plusieurs années. N’hésitez cependant pas à en parler à votre médecin un dosage un peu différent ou l’heure à laquelle vous prenez vos médicaments peuvent faire des merveilles !

Notez aussi que les « brain zaps » peuvent être un symptôme d’anxiété, donc ça vaudrait sûrement la peine de creuser un peu de ce côté-là.

 

 

 

C’est tout pour le moment, j'ajouterai de nouveaux effets secondaires à la liste dès que possible. N’hésitez pas à m'écrire à [email protected] si vous pensez à d’autres effets secondaires et surtout si vous avez des astuces pour les minimiser ! C'est toujours un plaisir de recevoir vos contributions ;)

La pharmacienne qui m'a laissée repartir sans un mot
Télé, réseaux sociaux, jeux vidéo et confinement : faut-il s’inquiéter pour la santé mentale des ados ?