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Apprendre à s'écouter et prévenir l'épuisement (burn-out)

Illustration: Tony H.

Cet article est une contribution de Sabrina Palumbo-Gassner. Mille merci à elle !

 

L’épuisement ou burn-out est un sujet que je "connais" pour l’avoir expérimenté plusieurs fois et sous différentes formes.

Il y a beaucoup de représentations négatives autour du sujet. Les personnes qui souffrent de burn-out craignent d’être stigmatisées. Elles n’osent pas toujours demander de l’aide.

Et puis le burnout on ne sait pas bien ce que c’est. Les premiers signaux sont difficiles à détecter et pour cause : on ne les connaît pas !

Je crois en la force et l’utilité du témoignage. C’est important de sensibiliser. De changer de regard sur le burn-out, le désacraliser. En parler et même en parler avec humour (merci burn-out !). Informer et sensibiliser au burn-out permet de normaliser les émotions, diminuer la honte et la culpabilité des victimes…

 

Mieux connaître le burn-out professionnel

 On estime à 490 000 le nombre de personnes concernées par an. 7 salariés sur 10 déclarent avoir un travail nerveusement fatiguant. Ces chiffres sont en progression.

Les signes du burn-out ne sont pas toujours visibles. Parmi eux, nous pouvons citer le sentiment de ne pas être entendu·e, des insomnies, une angoisse à l’idée d’aller au travail, une perte de poids ou encore de la fatigue générale… Connaître les signes avant-coureurs aide à moins les minimiser.

Les symptômes du burn-out sont physiques (tensions musculaires, nausées…), intellectuels (difficultés de concentration, oublis), émotionnels (irritabilité, anxiété…), perceptuels et motivationnels (la perte du sens par exemple), comportementaux et relationnels (une baisse de la libido possible) et existentiels (le sentiment d’inutilité). Il y a l’élément déclencheur, "la goutte d’eau qui fait déborder le vase".

Personnellement j’avais le sentiment de ne plus trouver la pédale de frein, je faisais des insomnies à répétition. Je fais partie des personnes "candidates" au burn-out avec une dose de rigidité et une autre dose de perfectionnisme.

Le burn-out se compose de plusieurs phases. Dans tous les cas, ce n’est pas une fragilité individuelle ! C’est le résultat d’une accumulation de charges émotionnelles et mentales à gérer.

 

Comment aider ?

Une attitude cadrante est soulageante pour la personne en burn-out (dites stop à sa place !).

La personne en burnout a besoin d’accompagnement sur les émotions qu’elle ressent (l’angoisse, la honte, la culpabilité) et d’apprendre à poser ses limites, déléguer ou faire des choix pour répondre au contexte.

 

Le burn-out parental

Les personnes qui souffrent de burnout parental évoquent le sentiment de ne plus arriver à faire face, de ne plus être maître de sa propre vie à cause des enfants, de n’en plus pouvoir. Le sentiment d’épuisement peut être si fort qu’on peut en arriver à souhaiter mourir.

La parentalité est un défi ! Parfois nous pouvons être fatigué·e·s de donner. Nous voulons tou·te·s être un bon parent. Mais c’est un idéal impossible à atteindre en toutes circonstances…

Le burn-out parental guette le parent qui désire être un parent parfait ET qui a peur de ne pas y parvenir.

Avant le burn-out il y a une phase appelée "burn-in" avec une hyper présence, un hyper investissement et des ambitions et exigences élevées.

5% des parents sont en burn-out parental et 400 000 ménages sont concernés.

 

4 dimensions du burnout parental :

  • Épuisement émotionnel et physique
  • Saturation (baisse du plaisir d’être avec les enfants)
  • Distanciation affective (ne plus réussir à montrer son amour)
  • Dépersonnalisation (sentiment de ne plus être un bon parent)

 

Pendant le confinement…

Les violences intrafamiliales ont augmenté de 32 à 36% (d'après le Ministère de l’Intérieur) en raison de facteurs aggravants que sont le télétravail, la continuité éducative et la promiscuité.

Pour soutenir les parents durant le confinement, nous proposons avec des professionnel·le·s une solution web visant à favoriser l’épanouissement parental. Koala est une web appli gratuite qui permet l’accès anonyme à un réseau de professionnel·le·s ainsi qu’à une communauté d’entraide entre parents.

Il s’agit de proposer aux parents qui sont avant le stade du burn-out de mesurer leur niveau d’épuisement et d’entamer un changement avec des ressources en ligne. Ceux et celles qui le souhaitent peuvent entrer en contact avec des professionnel·le·s via un bouton sos.

Des défis permettent de rendre ludique le processus de changement et d’apprentissage sur 4 semaines.

Pour nous soutenir, participez à la campagne de crowdfunding !

 

Le burn-out : une opportunité ?

Il y a plusieurs années, j’ai été hospitalisée en clinique pour épuisement. La psychiatre qui me connaissait en raison de mon anorexie passée m’a aidée à me sortir de la relation toxique qui m’avait menée là.

À la naissance de ma première fille, j’ai aussi connu l’épuisement. J’ai cumulé la fatigue de plusieurs semaines éprouvantes à l’hôpital (ma grande est née prématurée) avec un contexte professionnel stressant et des méthodes managériales discutables.

Ce que j’ai appris du burn-out, c’est que c’est surtout l’occasion de mieux se connaître. Ces expériences m’ont permis de savoir mieux identifier ce que je veux, ce que je ne veux pas ou plutôt ce que je ne veux plus.

J’ai appris à poser mes limites. Je me suis éloignée des toxiques. Cela m’a aussi fait approfondir les techniques qui me font du bien.

Avec un peu de recul je dis merci au burn-out ! Comme pour l’anorexie qui est une sorte de mue, le burn-out est douloureux certes, mais il m’a surtout fait grandir !

 

Conseils d’hygiène de vie que je m’applique au maximum :

  • Des exercices de cohérence cardiaque et respiration
  • Méditer (supports vidéos sur YouTube et CD de Christophe André)
  • Un peu d’exercice physique quotidien
  • S’exposer au soleil pour sécréter de la vitamine D
  • Avoir une alimentation riche en vitamines, en fruits, poissons et tryptophane (sérotonine)
  • Arrêter les écrans 1 heure minimum avant de dormir
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